La bibliothèque, lieu inspirant

S’il y a des lieux qui cumulent silence et inspiration, ce sont bien les bibliothèques. J’ai toujours été fascinée par la dimension esthétique de l’exposition de tout ce savoir. L’accumulation joue un grand rôle c’est vrai et je trouve que les murs recouverts de livres sont à eux seuls des œuvres d’art incomparables.

Dans ma propre bibliothèque, je joue volontairement avec les auteurs, les types d’ouvrages, les couleurs des tranches et les typographies. Elle est maintenant scindée en différents endroits tellement c’était compliqué de mettre en étagères les 60 cartons de livres qui ont migré lors du déménagement.

Je trouve particulièrement inspirant l’étalage d’oeuvres dans des lieux soit historiques, soit hypermodernes. Je vous montre des exemples, dans le désordre, mais qui ont la particularité commune d’être tout à fait merveilleuses !

A Dublin siège la bibliothèque du Trinity College qui a inspiré Harry Potter et qui fait, tenez-vous bien, 65 mètres de long…

Notre Assemblée nationale ci-dessus n’est pas en reste.

Construite à l’endroit même de l’antique bibliothèque d’Alexandrie en Egypte, avec à ce jour 8 millions d’ouvrages… Un endroit à voir en même temps que le futur musée du Caire dont on attend l’ouverture qui sera… 2 fois plus grand que le Louvre !

Toute blanche et brillante, la bibliothèque de Stuttgart est elle aussi impressionnante.

Mais encore plus gigantesque et encore plus folle, voilà la bibliothèque de Binhai en Chine où 1 million d’ouvrages sur près de 34 000 mètres carrés de vagues sur 5 étages vous attendent.

Sculpture et céramique, une Tassilunoise reconvertie

Il y a parfois, juste à côté de chez nous, des histoires de vies amusantes qui cumulent passion, résilience et joie d’entreprendre. C’est le cas de Claire Michelini, graphiste de formation qui, après avoir vécu à Paris, a créé une activité de conseil en recrutement, s’est installée à Tassin il y a 10 ans, avant de choisir de retourner à ses premières amours : la création artistique.

Elle n’a pas toujours eu les mains dans la terre. Dans cette troisième vie, cette tassilunoise voit un lien très fort entre ses métiers précédents et celui de sculpteur : c’est celui de l’humain. « Nous sommes tous très dépendants de nos humeurs, croyances, pensées et vécus personnels. Ce sont des émotions qui se reflètent, qu’on le veuille ou non, dans nos attitudes, nos gestes, nos visages. »

C’est ce travail d’expression qui guide les mains de la sculptrice. Son travail de la terre cherche à traduire ces expressions en mêlant intimement forme et fond, silhouettes et matières, terre et céramique.

Claire Michelini privilégie le toucher, le modelage avec le moins d’outils possible, l’instinct, la sensation dans les mains, afin de parvenir à une forme, un buste, un corps, une attitude, qui correspond à son imaginaire.

Elle conçoit des personnages sans modèle, en recherchant la sensualité de la matière, par le biais d’émaux, de patines, de cire ou de verre qu’elle superpose sur terre crue, cuite ou raku. Elle n’aime rien plus que donner l’envie de toucher.

Durant le confinement, Claire a mis à profit ses connaissances en graphisme et en digital pour se consacrer à la réalisation d’un site internet présentant son travail : clairemichelini.com
En parallèle, poussée par la demande de son réseau personnel et par l’exposition de son travail (à son atelier, en boutique et en galerie), elle a aussi créé un second site où elle produit des pièces utilitaires comme de l’art de la table (vaisselle, bols, plats…), des décorations et totems de jardin, ou d’originaux colliers de maison. Ces pièces uniques en céramique sont personnalisables selon les goûts de chacun. A voir sur claymee.com

J’aime le souvenir de ces époques nues

Poème de Charles Baudelaire

J’aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l’homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l’échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au cœur gonflé de tendresses communes,
Abreuvait l’univers à ses tétines brunes.
L’homme, élégant, robuste et fort, avait le droit
D’être fier des beautés qui le nommaient leur roi ;
Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,
Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures !

Le poète aujourd’hui, quand il veut concevoir
Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir
La nudité de l’homme et celle de la femme,
Sent un froid ténébreux envelopper son âme
Devant ce noir tableau plein d’épouvantement.
Ô monstruosités pleurant leur vêtement !
Ô ridicules troncs ! Torses dignes des masques !
Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques,
Que le dieu de l’utile, implacable et serein,
Enfants, emmaillota dans ses langes d’airain !
Et vous, femmes, hélas ! Pâles comme des cierges,
Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges,
Du vice maternel traînant l’hérédité
Et toutes les hideurs de la fécondité !

Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues :
Des visages rongés par les chancres du cœur,
Et comme qui dirait des beautés de langueur ;
Mais ces inventions de nos muses tardives
N’empêcheront jamais les races maladives
De rendre à la jeunesse un hommage profond,
– À la sainte jeunesse, à l’air simple, au doux front,
À œil limpide et clair ainsi qu’une eau courante,
Et qui va répandant sur tout, insouciante
Comme l’azur du ciel, les oiseaux et les fleurs,
Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
J’aime le souvenir de ces époques nues